dimanche 1 mars 2009

PastoraLoup

Participez à la mission d' écovolontariat  « PastoraLoup »         Programme associatif de soutien au pastoralisme en zones à loup



Le programme PastoraLoup est l'action phare de l'association FERUS Ours- Loup- Lynx- Conservation.
FERUS est née en 1993 de la fusion du groupe Loup France et  d'Artus. L'association œuvre pour la réhabilitation et la conservation des grands carnivores en France.
L'objectif est de promouvoir et faciliter la coexistence entre les activités humaines et les grands prédateurs.
Le programme PastoraLoup est soutenu par l'Union européenne dans le cadre du projet LIFE Nature: LIFE COEX 2004-2008 « Améliorer la coexistence entre les grands carnivores et l'agriculture en Europe du sud ».


L'action PastoraLoup c'est :

- une aide à la surveillance des troupeaux ovins (et quelques caprins laitiers) en zone à loup dans l'arc alpin, (mission « historique ») sur les exploitations ou en alpage.
- des chantiers d'aménagements pastoraux : création ou rénovation d'équipements pastoraux (parcs, cabanes) qui facilitent la mise en œuvre des pratiques de pâturage moins vulnérables.


Une action concrète au cœur de la problématique.

Les écovolontaires PastoraLoup contribuent sur le terrain à un appui technique auprès des bergers, en renforçant la présence humaine permanente autour des troupeaux. Au delà le programme permet un espace d'ouverture et de dialogue dans une problématique conflictuelle.


Quelle est la mission du bénévole?

Si l'on s'engage sur le volet aide à la surveillance des troupeaux, la mission principale du bénévole en alpage est la surveillance nocturne des troupeaux (il s'agit d'installer son campement  auprès du troupeau).
Durant la journée, il sera amené à effectuer des activités annexes comme: nourrir les chiens, aider le berger, informer des randonneurs (il n'y en a pas partout), déplacer les  parcs mobiles, ravitailler la cabane en eau, en bois, etc.
Il n'est pas question pour le bénévole de « remplacer «  le rôle du berger, mais bien d'apporter une aide complémentaire: les éleveurs qui participent au programme sont déjà dans une démarche active de protection de leurs troupeaux face au risque de prédation (chiens de protection, gardiennage effectif par un berger et/ou un aide berger, parcs de regroupement nocturne. Ces mesures sont adaptées à la configuration de chaque exploitation ou alpage, ainsi leur combinaison varie d'un éleveur à un autre.
La présence bénévole répond principalement au besoin de dissuasion « passive » mais en cas de menace ou de pression de prédation plus marquée, le bénévole participe activement au pic d'activité de l'alpage (comptages du cheptel, constats, mesures d'effarouchement, )


Où?

Dans le sud est de la France, principalement dans l'arc alpin, dans les départements du  04, 05, 06, 38, 73 chez des éleveurs ovins ou caprins sédentaires, en alpage avec les transhumants.


Quand?

 De mai à novembre. Il est parfois difficile de satisfaire les demandes des éleveurs en automne où les bénévoles sont généralement moins nombreux qu'en été. Pourtant l'arrière saison reste agréable dans les Alpes du Sud. Et on peut participer aux descentes d'alpages.


Pendant combien de temps?

D’une durée comprise entre 7 et 15 jours en moyenne, mais rien ne vous empêche de rester 3 semaines où 1 mois si vous le souhaitez.


Comment participer?

Pour une première prise de contact, un stage de sensibilisation préparatoire d'une durée d'une semaine est proposé aux bénévoles, avant de partir en mission proprement dite. Ce stage est réalisé sur une exploitation chez un éleveur partenaire, avec des intervenants extérieurs et le coordinateur PastoraLoup. Au programme: découverte du  milieu pastoral et montagnard, information sur le « dossier loup », la problématique prédateur- pastoralisme et les moyens de protection.


Le programme a fêté en 2008 ces 10 saisons d'existence

Petit bilan:
15 à 20 éleveurs partenaires chaque année
40 à 60 bénévoles chaque année qui se succèdent sur les alpages.
Le programme bénéficie de la reconnaissance des partenaires, qui sont satisfaits et fidélisés. Le retour est donc positif.
  

Retour  d'expérience:

Quand j'arrivais sur l'alpage pour ma deuxième mission d'écovolontaire PastoraLoup de la saison, le coordinateur du programme me conduit  sur la zone ou j'allais dormir durant 15 jours  auprès des brebis et il me dit: « la semaine dernière en accompagnant au même endroit la bénévole précédente à la tombée de la nuit, on a  entendu des hurlements au fond des gorges ». Il y a une meute de loups cantonnée sur ce massif depuis plusieurs années. Ces profondes gorges bordent le versant de pins à crochet et la  petite clairière au sommet ou se trouve la « couchade » des brebis.  Il y a un millier de brebis, 4 chiens patous,  une tente, une torche, la cabane du berger est à une vingtaine de mn en dévalant la pente. Nous sommes début octobre, à 2000 m d'altitude, quelque part dans le massif du Haut Verdon à ¾ d'heure de piste de la civilisation. Entrée en matière...

Les nuits sont plutôt calmes et belles, tour à tour ma clairière est claire et étoilée, inondée de lune, humide et pluvieuse, ou noyée dans le brouillard. Un son de cloche monte parfois du fond de la vallée, une hulotte chante, le vent bouscule  les branches des pins. Un  des patous aboie à proximité,  on se réveille: c'est une branche qui a craqué: un chevreuil qui passe? Un sanglier, Un loup? Alors on écoute, on tend l'oreille au delà de la toile, puis on sort si les chiens continuent, et en balayant la nuit à la torche, on rencontre les silhouettes blanchâtres des patous qui trottinent dans les alentours, et des dizaines de paires d' yeux qui vous regardent avec la même expression perplexe. Rien à signaler, les brebis ruminent toujours,  les chiens se recouchent, tout va bien.  Mais pas vraiment de quoi se détendre! Pourtant, malgré les premières nuits un peu « sur l'œil », on fini par s'endormir  assez sereinement, sur un fond de léger bruit de mastication incessant. Ce son particulier devient vite familier et même rassurant. On ne se sent jamais vraiment tout seul au milieu de plusieurs centaines d'animaux! Mais on apprend à dormir différemment, au fil des jours, ou plutôt des nuits,  on se sent un peu plus éveillé et conscient dans son sommeil tout naturellement, plus prompt à s'éveiller facilement et se rendormir rapidement.

C'est la première journée et j'accompagne le berger pour mener et garder les brebis sur le parcours. Ce « quartier » de  montagne est constitué en grande partie de pâturages sous foret. Ce sont des bois clairs de mélèzes où la végétation herbacée peut pousser. Le «  mélézin » est la formation végétale dominante dans les Alpes du sud. Le berger me présente « sa montagne » en me disant à peu prés ceci: « cette montagne est difficile à garder de part sa géographie, ici, les versants sont raides et escarpés, il y a pas mal de dénivelé: conséquence: Parfois un groupe de 10 ou 20 brebis se sépare du reste du troupeau ( du moment qu'ils sont plusieurs à se suivre, pas de problème pour lâcher le gros des troupes ), et choisit une autre sentier minuscule, un autre passage pour remonter le ravin, disparaissent sous les arbres, et décident de brouter ailleurs, changent de versant et passent la nuit sur une autre zone.  Les chiens de protection ne peuvent pas se diviser à l'infini pour accompagner toutes les échappées belles, qui vont se retrouver seules, sans aucune protection. C'est là que le loup entre en scène...
 Je n'ai pas « espéré » voir ou croiser le loup durant le temps ou j'exercerais « mes fonctions » de gardiennage du troupeau.

Le loup était omniprésent sur cette montagne durant toute la saison d'alpage. Mon séjour a été ponctué d'attaques répétées en dehors de la zone de couchade que j'occupais en gardiennage.
Du coup,  au programme de la journée: compter les brebis, et parcourir la montagne à la recherche des vautours et des corbeaux: ce sont souvent eux qui donnent les localisations des brebis mortes. Accompagner l'agent de l'ONCFS chargé d'établir le constat d'attaque pour les indemnisations.

En dehors des « taches » de ma mission: randonnées et observations naturalistes dans le massif, s'occuper des ânes également en alpage, préparer un repas à la cabane, aller chercher de l'eau.

Je me souviens du berger qui me raconte une après midi sa rencontre avec « la bête » en quasi face à face au détour d'un mélèze en pleine journée, il dit « j'ai pensé: c'est une bête magnifique, son regard puissant, son pelage...quelques instants d'hébétement, et puis j'ai gueulé et jeté des pierres pour lui faire peur ».

Chaque mission est une expérience différente et unique. L'immersion est totale. Quelque soit sa position, son avis sur la question, sa connaissance du sujet au moment de monter sur l'alpage, la possibilité de se mettre en situation dans le vif du sujet est une chance! C'est une occasion unique de sortir des clichés et des idées reçues.

En résumé en participant à PastoraLoup on pourra trouver:de belles montagnes,  des  observations naturalistes multiples et quotidiennes, des discussions animées, parfois des tensions, de l'incompréhension de part et d'autre, mais aussi de la complicité, de la convivialité, des rencontres qui ne peuvent pas laisser indifférent , des bergers et des éleveurs plus ouverts que d'autres (des bénévoles aussi), des idées à apporter (si on en a), un coordinateur de programme engagé et efficace, des écovolontaires qui deviennent aide-berger, la fête de la transhumance, des histoires de moutons, de loup et de bergères.  Des réponses à certaines questions et de nouvelles questions à se poser,  l'occasion de revenir l'année prochaine. En bref il y a des idées qui circulent et c'est bien là l'objectif principal de PastoraLoup.


Contact pour renseignements et inscriptions:
Coordination pastoraLoup
Tel: 07.86.20.18.80
pastoraloup@ferus.org
FERUS : www.ferus.fr


Carine Delmas


                   

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